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février 2017

Humain

Quand mon heure sera « l’Arrivée »

25 février 2017

Trame sonore du film L’ARRIVÉE

Quand je vous répéterai cent fois par jour
que le vent fait bouger les feuilles.
Quand je converserai avec mon téléviseur
en croyant que les personnages
que je vois s’adressent à moi.
Quand je vous demanderez dix fois
dans la même demie heure,
comment vous vous appelez?
Quand je ferez encore semblant de vous reconnaître
en vous saluant trop de fois.
Quand je lirai le même titre du journal,
une fois,deux fois, trois fois, quatre fois…
Quand je chatouillerai le bout de mes doigts
et que je sourirai juste à me regarder faire.
Quand je parlerai tout seul.
Quand je chanterai Suavementé
avec juste le mot Suavementé!:-)
Quand je ne me rappellerai plus
que j’ai mangé mon végépâté mou.

Parce que j’ose croire que ce sera
du végétarien mou qu’on me servira?

Quand ma personnalité moins consciente
va roter en public. Péter…Ainsi la suite!
Quand je pourrai encore parler.
Déparler. Répéter. Embrasser sans ressentir.
Quand mes yeux seront encore dans les bons trous.
Quand tu pourras encore m’aider à me laver
parce que j’aurai oublié comment faire.
Quand tu pourras encore me soutenir
pour changer ma culotte d’incontinence.
Quand tu m’accompagneras pour laver mes dents.
Me faire penser de me peigner. Tailler ma barbe.
M’aider à couper mes ongles d’orteils.
Et mes longs poils qui sortiront de mon nez!
Quand je serai encore fin. Sans te reconnaître.
Mais que je te ferai rire de temps en temps…
Quand je serai aussi perdu mais vivant
avec mes semblables!
Malgré tout. Malgré tout ça.
Je ne voudrai pas mourir.

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Mais.

Quand je demanderai consciemment l’aide médicale à mourir
parce que la souffrance sera insoutenable
et que la guérison sera sans issue pour moi.
Quand je saurai.
Et qu’on me dira que le bout de ma vie est proche.
Et que mon âme sera à bout de force
pour transporter la mort qui me grignote.
Je compterai alors sur la société et ses lois
pour m’accompagner dans cette insondable
aventure de fin de vie.
Et je la voudrai belle et humaine cette aventure!
Célébrante dans le plaisir
et dans le meilleur de ce que j’aurai été.

Enfin…

Si la vie me réserve une fin inconsciente
et que la loi de la société morale ne parvient pas
à définir le consentement préalable que j’aurais pu obtenir
ou non dans le cas d’une démence très sévère.
Ou de la maladie d’Alzheimer à son stade final.

Ainsi…

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Quand mon corps sera emprisonné dans la paralysie de l’Alzheimer
ou d’une maladie dégénérative incurable.
Quand mes yeux seront fermés dans le vide de tous mes jours.
Et cadenassés pour le restant de mes nuits.
Quand les dernières cellules de ma tête sècheront
dans le désert aride  de mon cerveau.
Quand je serai zombie parce qu’il
a fallu geler ma démence agressive
avec des neuroleptiques.
Quand il me faudra des pilules engourdissantes,
pour tuer mes nerfs empoisonnés,
dans un état grabataire.
Quand il faudra des tranquillisants forts
pour contrôler mes délires et
mes hallucinations folles; qui
feront peur aux petits enfants.

Quand je serai attaché sur une chaise gériatrique
parce qu’on croit me stimuler devant
la fenêtre des arbres de mon printemps.

Quand je serai le dérangé en rangée avec les autres dérangés
dans leurs chaises rangées devant
la fenêtre des arbres de mon été.

Quand je râlerai près de Marie-Louise
qui sile en berçant sa poupée Frisette,
devant la fenêtre des arbres de mon automne.
Quand je baverai mon manger mou « végé »
auprès de mon vieil ami Jeff, qui essaie
d’ouvrir  ses paupières collées,
dans ses yeux séchés devant
la fenêtre des arbres de mon hiver.
Quand je ne saurai plus les saisons de ma vie.
Quand je ne ressentirez plus la pluie.
Le soleil. Le vent et la neige.
Quand je serai ni heureux. Ni triste. Rien.
Et ni rien. Tout en respectant le choix de chacun.
Quand je serai INVIVANT. Recroquevillé dans un lit
Aphasique.
Je vous prie de respecter ce consentement.

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Je voudrai mourir. Et ne pas souffrir.
Alors après douze mois de ce périple inconscient.
Le jour de mon anniversaire. Un 25 mars.

Je vous demande de m’administrer
la douceur médicamenteuse
qu’il faudra pour ne pas que je ressente la faim.
Ni la soif dans mon corps.
Je ne veux pas avoir mal avec le ventre vide.
Nourrissez -moi avec votre paix humaine.
Endormez-moi dans l’imagination du ciel
que je me dessinerai.
Je voudrai ressentir une vie en lumière.
Et si je peux…
je vous promet de rire dans un rêve.
Et si je peux…
je vous promet de verser une petite larme…
Pour vous signifier que vous m’avez assez aimé
pour me laisser partir dans la plus grande dignité.
Je serai convaincu que j’honorerai mon humanité.
Parce que j’aurais choisi dans le bonheur d’aujourd’hui.
Le plus beau et le plus grand projet de ma vie:
Pour que ma fin de vie gagne sur ma mort sans fin.
Réaliser mon histoire jusqu’au bout.
Avec mes amours. Mes amis.
ARRIVÉ à ma fin. Mon arrivée à moi
Décider la fin du film de ma vie,

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MOURIR HEUREUX. Rejoindre la lumière.
Et merveilleux dans mes oreilles
d’écouter la musique de Max Richter du film Arrival,
nominé en ce dimanche de la Soirée des Oscars 2017.
Le réalisateur de mon pays, Denis Villeneuve,
aura inspiré la lettre de mon
CONSENTEMENT personnel.
Lui dire comment je suis fier de lui!
Et de tous les humains comme lui
qui créent du beau et du grand,
sur une planète qui en a tant besoin…
Merci.

Mon ARRIVÉE à  moi.
Aller aux Oscars de l’Au-delà et célébrez ma victoire!

 


 

Daniel fils de Rita et d’Oscar.
Un dimanche de février 2017
A Saint-Narcisse.
Écrivant ce consentement  sur ma page Facebook et mon blogue.
En écoutant la trame sonore film Arrival
Soirées des Oscars, Hollywood.


 

actualité

Mon cher Vincent

17 février 2017

Mon cher Vincent,

Tu te demandes c’est quoi la laïcité?
Ca c’est un mot qui existait dans le temps…
Dans le temps que le français était la langue officielle d’un peuple. Dans le temps mon Vincent que ton grand-père et ta grand-mère roulaient avec leur automobile et une plaque de char avec les mots: « Je me souviens. »écrits dessus. Ca voulait rien dire, mais c’était pour se donner l’impression qu’on venait de quelque part!
On se souvenait de rien au fond!
On n’avait plus d’histoire.
On n’allait à nul part!

Laïcité. Dans le temps, on retrouvait ce mot-là dans le dictionnaire.
Dans les années 1900, ça voulait dire de ne pas mélanger le « religieux » et la société civile.
Ce qui n’était pas mauvais en soi…

Pis un jour. Le grand monde.
Le grand monde de tous les styles, s’est mis à tripoter le mot « Laïcité » à leur manière.
Les politiciens s’en sont mêlés pour avoir des votes.
Y’a même un grand philosophe canadien qui a violé sa propre définition qu’il avait trouvé pour le mot.
Il faut le faire ça mon cher Vincent! Agresser sa propre idée!
Dans le temps.
Le mot « laïcité » variait selon le politicien qui te l’expliquait.
Un moment donné. Je te dirais mon grand Vincent, que le mot est pas mal tombé en phase terminale.
On pensait tous que la laïcité agonisait pour de bon.
Des politiciens ont enterré la laïcité vivante.
Ils ont enterré le concept pour favoriser la paix.
Penser vivre ensemble dans le respect et l’amour.
Pis?

Pis un jour ben c’est ça….
C’est ça qui est arrivé!…

Ç’est de ma faute!
J’ai rien dit!