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mars 2020

actualité

DEUX LOUPS

28 mars 2020

ELLE, c’est la maman de Sylvie avec qui j’ai été l’école. J’ai du fun avec elle!
Dans l’autre appart, c’est la maman de la plus grande amie de Claire.
Une femme fière et gentille.
Là bas au bout, ce sont mes deux charmantes tantes.
Une chanteuse et une coquette.
La première s’est beaucoup occupée de moi après le décès de ma mère.
Le beau sourire, c’est la maman de Nicole qui était dans ma classe.
La plus courageuse de toutes ici.
Elle, c’est la voisine de Claire depuis qu’elle est toute petite.
La vieille centenaire.
Les amoureux, ce sont des gens qui nous connaissaient bien.
Le charmeur , c’est l’oncle d’un ami et d’une fille
avec qui j’ai fait mon secondaire.
Il voulait qu’on en prenne soin de son oncle,
comme nous avions pris soin de leur maman.
Y’a tué 27 orignaux dans sa vie « le mononcle »
Ah oui! Elle, c’est la montréalaise.
Son fils réside dans le paroisse et il voulait qu’elle soit près de lui.
Aujourd’hui , Claire c’est comme son ange!
Et la petite nouvelle qui est de l’autre côté de notre mur
qui sépare la résidence à notre maison,
c’est la bachelière qui nous a choisit!
Je l’appelle par son prénom la jeune !
Ca sonne comme de l’amitié pour elle.
La plus petite avec ses perruches,
c’est la maman d’un gars qui était dans la même année de Claire.
C’est l’éplucheuse en chef pour les patates!
La douce. C’est la maman d’un tel que je connais bien.
Du bon monde d’ici.
Et lui avec son chapeau, c’est le camionneur.
Son nom de camionneur c’était « carrosse ».
Le petit homme de 95, c’est le sucrier du jardin. Le liseur.
Il est parti de Montréal pour venir vivre avec nous-autres.
Pas loin, la délicate. C’est la tante de notre cuisinière.
Lui dans sa chaise. Un gars smart.
C’était le propriétaire du bar et du club quand j’étais jeune.
Puis avec son bolide sur la galerie,
c’est la courseuse quand elle était jeune.
Son gars nous connaissait bien aussi.
Et les deux dernières dans les chaises berçantes,
leurs familles voulaient que leurs mamans vivent chez-nous.
Voilà.
Nous formons une grande famille. Nous connaissons bien notre monde.
Tous les soirs quand la journée tombe,
Claire salue tous nos résidents. Un par un.
Pour les médicaments ou pour savoir si tout va bien..
Si je vous raconte tout ca ce soir, ce n’est pas pour vous émouvoir.
C’est pour vous dire que ces temps-ci,
nous sommes comme deux « body Gard »
qui veulent protéger comme deux loups, leur famille de vieux.
Nous sommes secondés d’une équipe de 4 employés.
Et des services infirmiers de notre milieu.
Nous sommes choyés .

Mais y’a des fois ou nous avons la chienne.
Oui la chienne!
Que cette maudite bibitte à ventouses nous attrape.
Et qu’elle rentre chez-nous la tueuse.
NOUS VOUS SUPPLIONS de respecter, sans bluffer,
les consignes de confinement pour ne pas
que le virus fatal atteigne les résidences de personnes âgées comme la nôtre.
La semaine sera dur. Ce sera la pire.
Il faudra être sur nos gardes.
Nous regardons les nouvelles comme vous. Eux-aussi.
On essaie de dormir. Du mieux qu’on peut.
On les rassurent. Je vous jure. Du mieux qu’on peut.
On se distance. Je vous jure. Du mieux qu’on peut.
On les aiment . Je vous jure. Du mieux qu’on peut.
On répète. On explique à nos Roses de mémoire…
Le pourquoi du comment. Du mieux qu’on peut.
Avec patience. Je vous jure. Avec des respirations aussi…

Dans notre maison pour vieux heureux,
nous dormons tous les soirs avec 20 fleurs fragiles
posées sur un arc en ciel.
Nous sommes tous responsables de « nos vieux ».
Des fois la peur nous égratigne le ventre.
Mais si vous nous aidez, en restant chez-vous,
on va la gagner la guerre.
Parce que c’est une guerre qu’on vit.
Et l’ennemi est sournois.
Il peut te sauter dans la face. Et tu le sais pas.

Ne vous inquiétez pas.
Ça va bien.
Aujourd’hui j’ai garoché des balles de neige
aux vieux sur de la musique de Plume!
Je m’en vais me coucher en pensant à ça.
Je vais m’endormir là-dessus…
En espérant que…
Ça va encore… bien aller demain

LES DEUX LOUPS

Humain

Le Dernier Je t’aime

28 mars 2020

Un jour, je vais raconter ça.
C’est l’histoire d’un gars qui n’avait jamais écrit un livre.
Il prévoyait la grande annonce de la sortie de son livre , le jour de sa fête.
Avec sa maison d’édition, LIBREX et son éditrice Nadine Lauzon
Tout était prévu pour que le roman du gars sorte en librairie
deux jours après la Pâques d’un printemps malade.
Pis.
Tout le monde est rentré dans leur maison pour se protéger.
Entre la fin d’un hiver de glace.
Et un printemps tant désiré sur le seuil de la porte.
Un virus sournois et meurtrier a complètement chaviré la vie du monde entier.
Dans ce printemps-là, ou pour s’aimer, il fallait s’éloigner des uns et des autres.
Ne pas se toucher.
Et rester dans les maisons pour ne pas propager
les gouttelettes du monstre qui pouvaient tuer des gens.
Sans pitié.
Et des gens vulnérables comme les « beaux vieux »
qu’ils gardaient , lui et sa femme,
dans leur maison sur la rue principale de leur village.

Quand il a écrit ça. C’était le jour de son anniversaire.
Le virus avec ses gouttelettes vicieuses tournaillait
toujours autour de tout le monde. Ca faisait peur.
Et y’a des grands qui écoutaient pas.
Il fallait se laver les mains 100 fois par jour.
Se distancer. Et crémer notre peau gercée.
La peur et la confiance avaient les couleurs de l’arc-en-ciel.
Et la solidarité faisait battre des cœurs malgré tout.
Oui. Quand il a écrit ça le jour de son 61e printemps,
il présentait pour la première fois
la page couverture de son roman de 275 pages.
Il a raconté que cette aventure littéraire avait été pour lui,
un de ses plus grands accomplissements personnel.
Enfin.
Un jour quand la vie reprendra. La Vie pas comme avant.
Dans un livre, si ça vous tente, vous lirez cette histoire d’un petit garçon de 9 ans
qui raconte avec la plume de l’auteur, les derniers mois de la vie de sa maman malade à 45 ans.
Un récit sensible. Tissé et romancé à partir des souvenirs de ce jeune garçon
et des confidences de sa famille et de gens de son village. Inspiré dans ce premier roman,
d’une des plus histoires histoire d’amour qu’il a connue, avec en filigrane
la dignité d’une fin de vie à une époque ou l’aide médicale à mourir n’existait pas.

Un jour quand la vie reprendra. La vie pas comme avant…
Il vous reparlera de son roman. Et de sa sortie.

Le Dernier Je t’aime

Humain

Rose Patience

22 mars 2020

Mère de toutes les vertus, la patience.
Le virus va mettre à l’épreuve notre patience.
Dans nos maisons avec les enfants, notre patience.
Avec les grands enfants aussi. Les adolescents.
La patience avec nos parents. Nos grands-parents…
Et nous-autres, les parents de nos enfants.
Avec soi-même la patience.
Et la patience d’endurer notre corps habitué à virer en fou.
Il faudra vivre dans la tolérance.
Le virus nous oblige à réapprendre à vivre avec soi.
Le confinement nous invite à l’introspection aussi.
À quelque chose qui ressemble au gros lâcher prise
de son nombril.
Le virus va nous apprendre à user de patience.
La patience avec Rose.
Rose et sa mémoire qui glisse lentement.
Mais elle ignore Rose,
que sa mémoire glisse dans ses pertes cognitives
Elle commence à répéter Rose.
À oublier la dernière conversation sur la pandémie.
Alors il faudra s’armer de patience pour nos Roses…
-Non! On ne peut sortir pour aller à la pharmacie Rose.
Il y a comme un mauvais virus qui peut s’attaquer à nous-autres.
Tu sais. On en parle beaucoup aux nouvelles. Tu regardais ça tantôt dans le journal.
C’est pour ça Rose que nous ne pouvons sortir de la maison.
-Ben voyons! Es-tu certain de ça?
Ca vient d’où ce virus-la?Je le sais pas Rose. De quelque part…
Mais on va prendre soin de toi Rose.
T’en fais pas ma belle Rose…
On va aller l’acheter ta crème pour qu’elles soient belles et douces tes mains!
-Ah ben, je savais pas ça. Sais tu si c’est tout le monde?
-Oui c’est tout le monde comme ça Rose.
-Mon gars es-tu au courant de ça tu penses?
-Ah oui! Il est bien au courant.
Tout le monde reste à la maison ces jours-ci.
-Mais voyons donc toi! Pourquoi? Mais…Ca va être pour longtemps tu penses? Et c’est quoi ce virus-là?
-Je sais pas. C’est comme une grosse grippe . Mais celle-là, elle est plus forte que la grippe ordinaire.
C’est pour ça qu’il faut faire attention Rose. Il faut se laver les mains souvent.
C’est le secret Rose pour ne pas se transmettre le virus.
Se laver les mains très souvent. Ah ben moi, je me lave les mains…J’ai du bon savon.
-Oui Rose, faut pas oublier de se laver les mains avec ton bon savon.
-Mais ça là,est-ce que ca va durer longtemps tu penses?
-Au moins deux ou trois semaines…ou peut-être plus. Je le sais pas trop encore. Mais inquiète toi pas Rose. On est là.
-Mais veux-tu ben me dire pourquoi, on ne peut pas aller à l ‘messe?
-Ben…parce qu’il y a un gros virus qui se promène et qui se propage. Et on ne veut pas que tu l’attrapes Rose…
Toi et les autres ici.
-Je savais pas ça. Depuis quand? Ah bon! Mon gars es-tu au courant de ça? Mais qu’il vienne ce soir,
je vais lui dire de faire attention…
-Même lui Rose, il ne peut pas venir ici. Il fait attention. On veut pas que le virus se propage partout et entre
dans notre maison et qu’il se faufile sur nous-autres. Tu comprends Rose!
-Ah ben, je savais pas ça. T’as bien fait de m’avertir. Mais c’est depuis quand ça?
Je vais aller appeler mon gars pour lui dire de faire attention.
-Oui Rose fais ça. On se revoit tantôt.
La monte de Marguerite ne fonctionne plus. Je vais aller changer sa pile…

Le virus va nous apprendre à tous, le ROSE PATIENCE.

actualité Humain

Le 8 mars, à l’heure reculée!

8 mars 2020

On avance l’heure aujourd’hui, mais j’aimerais bien qu’on avance plus vite aussi sur l’égalité hommes/femmes. Je trouve qu’on vit pas mal à l’heure reculée là-dessus. Hier. Un sondage de l’ONU, nous révélait que 90% de la population mondiale, tous sexes confondus, a des préjugés envers les femmes. Tab! Que des hommes et des femmes pensent encore que le genre masculin fait de meilleurs dirigeants politiques et d’entreprises. Et qu’aller à l’université est plus important pour eux. On vit sur le reculons!
On devrait arrêter d’avancer l’heure et se concentrer sur l’avancement des mentalités et de l’égalité des sexes. Y’a rien à célébrer le 8 mars! À part de déclarer une journée pour les femmes parce que nous sommes arriérée comme société.
À part que de reconnaître que toutes les religions du monde sont encore dirigées par des hommes pour contrôler les femmes.
À part la gêne humaine que les hommes (pénis) n’admettent pas réellement! C’est ça qui est ça ce matin! Nous sommes des reculés! Ah oui! Laissez moi tranquille avec nos petits pas. Les psycho éducatrices en garderie se battent encore ce matin pour avoir un salaire décent pour s’occuper des petits hommes et des petites femmes de la société de demain. Et dans nos hôpitaux, les filles, majoritairement préposées aux bénéficiaires , torchent à 20$ de l’heure! À bout de souffle! Mais qu’est-ce que tu veux? On pense encore que les hommes-dirigeants font des meilleures gestionnaires que des femmes! Ça fait que c’est eux qui décident de leur salaire!
Je me suis demandé si je publiais ce statut du 8 mars; en cette journée internationale des femmes?
C’est gênant. La planète vit toujours à l’heure des hommes. Le 8 mars à l’heure reculée!
Et dire que c’est elles qui accouchent de nous-autres!


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