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Le 317e jour

13 décembre 2015

Le Bataclan 2 mois après

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Avant que l’année se termine…

C’était le 317e jour de l’année. Et pour que jamais je m’habitue à la violence du terrorisme,
Je m’étais promis de publier ce papier.
Ce vendredi d’automne… Ce soir-là, en revenant à la maison.
J’avais besoin rapidement d’aller voir ce qui se passait de l’autre côté. Question de me refugier dans un peu de paix. La paix des plus VIEUX de l’autre côté. Cacher mes peurs.
Adoucir ma rage avec la sagesse de mes vieux.
L’autre côté
, c’est notre résidence pour personnes âgés. La Villa Saint-Narcisse. Vous le savez. 23 personnes habitent avec nous. Ce sont mes voisins. Mes amis. Evelyne la plus vieille a 101 ans.
Elle s’occupe encore du chapelet.
Puis.
Comme à chaque soir,quelques personnes l’accompagnent pour réciter la prière.
Au loin j’entendais les dernières récitations du chapelet. Amen!

Avec ce qui se passait à Paris ce soir-là, au bout du passage; le son du chapelet et le AMEN résonnaient comme une drôle de sensation dans mes pensées. image Tous les soirs au chapelet, il y a aussi mademoiselle Monique.
La vieille maîtresse d’école. Célibataire toujours. La « veille fille « aura 96 ans le 31 décembre prochain. Et croyez-moi, mademoiselle Monique, c’est ce qu’on appelle une « démêlée » dans la vie.
L’expression « démêlée », ca vient de Catherine du Saguenay. Là-bas, une démêlée, c’est quelqu’un qui ne s’enfarge pas trop dans les cordons de ses bottines. Elle sait ce qu’elle veut. Et ou elle va. Mademoiselle Monique, la démêlée, n’essayez pas de lui raconter des histoires. Elle a les neurones à ON! Par contre. Ses yeux sont bien usés par la vieillesse. Pour regarder son téléviseur couleurs des années 1980, mademoiselle Monique doit être scotchée à 12 pouces de l’écran. Et n’essayez pas non plus de lui proposer un nouveau téléviseur HD plus performant. Son BOF catégorique vient assez vite! Et le « qu’ossa donne » suit de près. Remarquez bien . Du terrorisme en HD ou en noir et blanc, c’est du terrorisme. image

Le 13 novembre à Paris.
Chez-elle. Dans notre maison.

Dans le grand corridor de notre résidence sur la rue principale de mon Village, mademoiselle Monique prenait sa marche ; comme à tous les jours que « le bon dieu amène » dirait-elle.   Avec les mains dans le dos, pour garder sa colonne bien droite, la vieille maitresse d’école était plus pensive que d’habitude. Elle venait de regarder les nouvelles sur les attaques à Paris. Et j’ai bien remarqué qu’elle voulait m’en parler quand elle m’a croisée dans le corridor. Mademoiselle s’est approchée de moi. Plus proche que d’habitude. Comme pour me dire un secret. « Ca mon gars, ce qui se passe à Paris, c’est le début de la troisième guerre mondiale qui est commencée » Moi ce sera ma troisième guerre. ET on va être obligés d’aider les français. C’est nous-autres ça. «  En plus elle rajoute: « J’espère que tu ne seras pas obligé d’aller te battre » J’ai regardé mademoiselle Monique. J’ai eu de la difficulté à poursuivre la conversation. J’ai coupé ça au plus court. Et je suis parti regarder la suite de l’émission spéciale qui nous apprenait que les terroristes frappaient encore plus forts dans la ville de Paris. image C’était l’horreur dans mon téléviseur. Le carnage que vous connaissez. Les mots de guerre de mademoiselle Monique me tourbillonnaient dans la tête. Et croyez-moi. Ce n’est pas la peur d’aller me battre qui m’effrayait Je sais bien…Non. Mais la peur de nous-autres. Le début de quelque chose dont je ne verrais jamais la fin. Les yeux fixés et perdus sur la pomme blanche de ma tablette Apple. Je l’ai ouvert. Et j’ai commencé à enfiler des mots sur une page de notes.

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J’ai voulu écrire ce texte pour me rappeler qu’il y a eu un jour dans notre vie, sur la planète des hommes, un terrible vendredi 13. Le 13 novembre. Le 317e jour de 2015 Le soir où le Paris d’une jeunesse a basculé Le soir. Quand huit ou neuf terroristes,  le cœur gangréné, ont abattu sans pitié, 130 personnes. Et blessé gravement des centaines d’autres. Brisant des familles. Des coeurs. Tout un peuple. Et NOUS. Sournoisement. Avec des fusils de guerre. Pour trouer grand et décapiter gros. Les yeux remplis de haine. Au Bataclan. Des fous ont visé et canardé toute une jeunesse. Quatre-vingt-dix personnes en tout. TUANT des regards frais  et des sourires radieux comme ceux-là…

Tuant leur amour…A froid. image En toute liberté. Pour ne jamais m’habituer à cette hallucinante violence J’ai voulu écrire ce texte sur mon blogue. Espérant ainsi me relire un jour quand la PAIX sera meilleure. Pour me rappeler aussi,  quand je serai vieux. Les neurones cérébrales bien enlignées, je l’espère. Les neurones aussi démêlées que mademoiselle Monique! Oui me rappeler Qu’un maudit vendredi 13 a existé dans ma vie. Qu’un vendredi de ma vie, j’ai ressenti les frissons de la peur Que cette superstition, finalement futile direz-vous, a réussi à se loger pareille, dans le tiroir cérébral de mes questionnements existentiels. Ce vendredi 13. Le 13 du 11e mois. Comme un 11 septembre. A New York , en 2001 Cet événement effroyable qui a glacé et figé dans le temps un mardi de  nos vies. Tout comme celle de Charlie! Le 7 janvier, c’était un mercredi.
A Paris Encore…Cette fois-là, pour tuer la liberté d expression.
Ca fera un an. Dans quelques jours. Déjà.

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Oui j’ai voulu écrire ce texte pour me rappeler Pour ne jamais m’habituer à une journée de violence de plus que les nouvelles nous enfilent à chaque jour. Comme si tout ça n’arrive qu’aux autres. Jamais à soi. Jamais à des amis. Des frères. Des sœurs. Me rappeler. Oui. Du plus sombre vendredi 13 de toute ma vie. image  

Dans un petit théâtre mignon comme tout.
DES Fêlés et distortionnés  par le MAL.  Des fous braques ont terrifié mon Amérique. Mon occident imparfait.. Je le sais. Qui se demande encore si il  doit se venger gros. Riposter plus. Méditer. Réfléchir. PRIER.
Croire et prier. Peut-être?  Je ne sais pas trop. Croire et implorer. Les bras en croix. OU vers le ciel… Comme vous voulez. Mais « Mort vice de crime » comme dirait grand-père Odilon A une seule condition.

Une seule.

A la condition de ne jamais prétendre qu’un dieu imaginaire vous attend à quelque part Et qu’il vous récompensera par surcroit. Qu’un dieu vous sauvera plus pour avoir tué l’incarnation du Mal que vous imaginez dans le cœur d’un autre. Laissant ainsi le cancer idéologique ronger les entrailles de votre âme humaine. Comme il a charogné le cœur de ses enfants mal aimés et malheureux. A qui l’on a menti. Pour les entraîner juste pour haïr. Juste pour terroriser . Juste pour Tuer. Et finalement.

Lâchement. SE tirer dans la mort!

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CROIRE en quelque chose de plus Grand que nous. Je veux bien.

Mais croire avec la sensation d’AIMER.

Garder sa conscience vive. Et LIBRE Occuper son esprit juste avec le beau, le bien dans la réalité des choses.   Arrêter de « LIKER » son narcissisme. Stopper les gourous du désert et les dieux inventés de la terre avant de vous faire vomir dans le cerveau le pue maudit  d’une fausse libération euphorique. Se réveiller. Avant de SERVIR de machine à tuer. Et de faucheuse diabolique

Crier son dieu.

HURLER un faux-dieu fourré dans UNE tête lavée et javelisée pour effacer toute trace du gros bon sens

CROIRE. MÉDITER. IMPLORER. Questionner.

OUI. Mais encore faut-il, « Mort vice de Crime… » S’arrêter juste à temps, pour ressentir la conscience du bien. Et du Mal.
La conscience de savoir que tu n’es Absolument RIEN

Et qu’il devrait exister qu’une seule LOI.
Dans ton Coran.
Dans ta Bible.
Ou dans ta tête d’Athée.
Que tu  n’es RIEN. Absolument RIEN. Sans l’Amour de ton prochain. …
Et comme je l’ai écrit le jour de Charlie…Et dessiner avant que l’autre le fasse mieux.
L’AMOUR est encore plus FORT que la HAINE. image

Enfin…Le 31 décembre, le jour de l’anniversaire de mademoiselle Monique, j’irai lui lire mon article.

ET

Je penserai aussi à Raif Badawi . Ce blogueur saoudien, emprisonné depuis 2012 et condamné à 1000 coups de fouet pour avoir tenu un blogue pour la liberté de religion. IMAGINEZ! Comme Badawi, je serais condamné à 1000 coups de fouet pour avoir écrit LE 317e JOUR ; librement sur mon blogue.
J’apprécie cette liberté. Encore..
Aimons-nous donc! C est ce qu on peut se souhaiter de mieux le premier jour de l’an 2016!

 

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2 Commentaires

  • Reply Reine Cossette 30 décembre 2015 at 9:53

    Quel beau texte! Merci d’être dans ma vie. Bonne Année.XX

    • Reply Daniel Brouillette 30 décembre 2015 at 5:04

      Merci Reine. C’est gentil. Je te souhaite une bonne et heureuse année. Je prépare ma veillesse… Je me lirai plus tard!;-) Merci d’être présente dans ma vie.

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