Humain

Lettre de la machine à coudre à Céline; the Singer

12 juillet 2017

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Chère Céline,
Je suis ta machine à coudre.
Je sais bien que tu t’habilles pas comme ça dans la vie de tous les jours.
Tu grimpes pas dans une échelle en talons hauts.
Et tomber dans le coma devant des feuilles vertes.
Et tu ne chantes pas écartée tous les soirs,
en ciseau de jambes autour d’un homme musclé.
Je le sais bien.
Qu’on aime ou qu’on aime pas la haute-couture de Paris qu’on me fait assembler.
Tu es divertissante en maudit ces temps-ci.
Tu fais parler le monde entier.
Sur Facebook, les émoticônes ont la bouche ouvertes!
Et Charlemagne respire plus! Pas tant quand même.
Mais moi ton moulin à coudre. Moi.
Tu me fais faire plus que des points de piqures!
Et des niaiseux d’ourlets.
Depuis ton écartillement artistique pour les uns.
Et érotique pour les autres.
Depuis quelques jours, tu ne passes pas inaperçue ma Céline.
Les réseaux sociaux te spinent la sacoche sur le manteau vert fleuri
que je t’ai brodé aux petits points fins.
Et là.
Ta cape blanche à grands trous cousus aux points décoratifs
et ton chapeau taffetas parasol blanc,
te font faire un beau tour sur la planète à mémère Facebook.
Ca parle de ma haute couture sur un bon dieu de temps!
Y’a des gens qui disent que tu fais bien.
Et depuis que René est parti, tu t’émancipes enfin.
Et tu en profites! Et moi-aussi, je m’émancipe sur le moulin!
La machine vire.
Est-ce que je peux te dire quelque chose Céline?
Tu me fais faire plus que des robes lignées A;
avec un petit volant retombant comme tout le monde, sur les épaules!
Et disons aussi que tes manteaux tissés en peau de serpent
ou en catalogne sur un métier de désigner frappent
l’imaginaire du plus paralysé de la terre!
Disons que tout ça n’est pas dessiné
à partir des patrons Butterick achetés chez FrabricVille.
Mettons que la machine est en mode création au bouchon.
Je tope dans le top!

Moi je te suis Céline.
Je suis juste ta machine.
Mais. Je peux te comprendre.
Je peux pas dire que je trouve
ta collection toute belle.
Mais je ne peux pas dire non plus,
que tout est laid.
Ca dépend des goûts! Et tous les goûts sont dans la nature.
Ca dépend comment on regarde les choses!
Et pourquoi on s’attarde tant à ces choses-là aussi.
Tu vois moi. La madame qui fait la publicité
pour les interurbains 10-10-710 dans la télé.
Je peux pas dire que ça me stimulerait beaucoup de coudre pour ses vêtements.
J’ai rien contre la madame.
Mais n’importe quelle machine peut coudre comme ça.

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Ma chère Céline… ( qui ne lira jamais une lettre de machine à coudre)
Y’a des gens qui pensent que tu files pas bien. J’ai su ça.
Ils sont inquiets pour toi. Ta santé.
Moi. Je ne pense pas ça ma très grande.
J’espère en tout cas.
Moi je pense plutôt que…
Ce que l’on voit et ce que je couds pour toi,
c’est elle la vraie Céline de toujours.
Et je pense sincèrement que la Star qui scintillait
en toi vient de sortir de l’ombre de mon moulin.
Tu comprendras ma très grande des plus grandes.
Que tu n’avais pas habitué
ton public à tant d’excentricité. À tant d’exubérance!
A de si grandes lunettes. De si grosses sacoches.
Et d’un gilet en coton ouaté par-dessus une Tite-robe!
Ce n’est pas le genre de tites-robes que ta bonne maman
Thérèse devait passer sous le pied de sa machine à coudre Singer!
Là ma Céline. Tu fais tripper toutes les aiguilles des machines à coudre parisienne.
Tu nous fais piquer dans ta différence.
Et franchement. Malgré tout…
Si tu aimes ça.
Sincèrement…Fais-le.
Je préfère ta différence à toutes les ressemblances.
Celine, you’re the greatest singer Ever!

Ta machine à coudre.
Points en xxxxx

Danse Celine…

Danse

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