Humain

Dernière lettre à mon vieux

14 avril 2020

Comme ça mon vieux, t’as décidé d’arrêter.
Assez c’est assez. Je t’entends le dire.
Aujourd’hui lorsqu’on t’a apporté tes médicaments, tu as dit non. C’est terminé. La semaine passée je pensais bien que les racines de la vie s’entortillaient après toi. Tu étais sorti des soins palliatifs. Pis une nuit mon vieux toryeu, tu t’es levé. Mais je le sais pourquoi? T’as jamais été capable de te laisser aller dans ta culotte. Je peux te comprendre. Trop faible comme de raison. T’es tombé et puis tu t’es fait bien mal. C’était le coup fatal! Et là ce soir, t’es alité depuis 3 jours, dans une chambre spéciale. Et tu as décidé de dormir là jusqu’au bout de ta vie. Aux soins palliatifs du CHSLD de mon village. Un bon CHSLD celui-là.
Avec du monde que tu connais en plus. Du monde de ton village natal, Saint-Stanislas qui travaille là.
Ca doit être bon de s’endormir pour tout le temps avec du monde qu’on connaît. Je te dis que c’est pas tout le monde qui a cette chance-la ces jours-ci.
Si tu savais mon beau vieux…

Maintenant. Dans ton dernier lit, tu dors là avec comme seul bonheur pour soulager ton corps, tes doses de morphine. Ca fait que , comme on ne peut pas aller te voir à cause du maudit virus, j’ai décidé ce soir,de t’écrire un mot comme dans
« Au clair de la lune, mon ami Pierrot… ». De t’écrire une dernière lettre pendant que tu peux encore entendre notre amitié que ta fille va lire pour nous.
Imagine mon beau vieux que je te chante, Au clair de la lune. Je le sais que tu vas trouver ça drôle. Je te vois encore rire quand je niaisais au piano! Je suis toujours bien pas pour te chanter Le Rapide Blanc; ma version adulte!:-)

Oui c’est ça. Je me suis dit que j’allais t’écrire avant que tu te renfermes pour de bon dans le corridor du grand départ. Je me suis dit qu’il vaut mieux entendre l’amour quand on a les oreilles qui marchent. Et le coeur encore battant. Je me suis dit que tu serais content de savoir que tu as été pour nous un homme d’exception. Un grand résident qui comprenait notre entreprise dans les temps difficiles que nous vivons. Et qui appréciait ce qu’on faisait pour lui et pour les autres. Et ça mon beau vieux, tu sais pas comment , ça faisait du bien à Claire quand tu lui disais, le soir aux médicaments, combien tu la trouvais patiente pis aimante avec tout le monde dans la maison.
Ca faisait du bien dans notre équipe un homme comme toi.
T’avais peur que le maudit virus se faufile dans notre maison. Et un matin, tu nous as demandé la permission de mourir dans notre résidence si jamais… C’était le matin ou ton médecin t’a appelé pour te demander si on allait te réanimer si le virus t’attaquait. Tu as dit non…Et je me souviens quand tu m’a répété ça, les yeux dans l’eau.
Tu venais d’appeler ta femme pour lui dire aussi.
Depuis ce jour-là, épuisé dans tout ton corps, tu t’es laissé aller mon beau vieux.
On respecte ça. Oui on respecte ça un homme comme toi.

Ce soir, avant de me coucher, j’ai décidé de t’écrire cette dernière lettre mon grand bonhomme.
Pour te dire toute notre amitié avant de fermer les yeux dans ton dernier silence. Et déposer dans le creux de tes oreilles toute la tendresse que nous avons pour toi.
Et te le dire pendant que tu es toujours là.
Ce qui est important mon vieux, c’est pas de savoir quand est-ce que tu vas mourir?
Un jour. Tout le monde meurt mon beau vieux.
Et ces temps-ci, la mort en attrape plusieurs comme toi!

NON
Ce qui est important pour nous dans cette lettre,
c’est que tu entendes notre amour.
Et que tu le saches éternellement, pour
le reste de TES JOURS mon beau vieux.

DORS bien…
Nous t’aimons.

Claire et Daniel.
La villa Saint-Narcisse.

Jacques Veillette est présentement aux soins palliatifs du CHSLD Saint-Narcisse.
Il demeurait avec nous depuis novembre 2019

Humain

Salut mon vieux

9 avril 2020

Quand j’ai pris mon café avec toi ce matin,
je me doutais bien que c’était la dernière fois qu’on se voyait ici dans la maison.
Les derniers jours ont été difficiles pour toi mon vieux.
La dernière nuit chez-nous a été un enfer aussi.
Tes reins te jouaient des tours. Tu cherchais ton souffle.
Et t’avais peur aussi que le virus vienne bouffer le petit peu de bon qui leurs restait.
Mais c’est pas le virus! C’est ton corps bien usé qui suivait plus.
T’étais un peu fatigué ces derniers temps.
Quand j’ai pris mon café avec toi ce matin, je t’ai donné une bouchée de pain. Un peu de force parce que tu n’avais pas faim. Tu m’as demandé de boire un peu de café. Je tenais ta tasse tellement tu étais faible.
T’étais bien silencieux mon vieux, quand j’ai pris mon café avec toi.
Claire m’avait demandé de t’accompagner
parce qu’elle se doutait bien que
tu ne coucherais pas avec nous ce soir…
Et ta famille si aimante, ne pouvait pas venir te voir.
C’était ton dernier matin dans notre résidence. J’étais triste de ça.
Parce que j’aimais ça jasé avec toi. T’étais de notre temps !
Je le sais mon vieux.
La journée n’a pas été facile pour toi. Trop longue.
Les yeux fermés dans les médicaments qui t’engourdissaient.
Je t’ai vu partir avec l’ambulance tantôt. J’étais là quand ils
t’ont soutenu pour te coucher sur la civière.
Hier en discutant avec le petit peu de paroles
qui te restait dans ton souffle court,
tu me disais que tu étais au bout de tes forces.
Je te trouvais triste quand tu me disais ça.
Je sentais que tu n’avais plus le goût de te battre.
Je t’ai dit mon vieux . Si tu pars. Si tu nous quittes.
Je te demande juste une chose…
De partir la tête haute.
Tu mérites pas de partir triste toi. Oh non!
Quand tu t’es couché sur la civière tantôt.
Avant de partir pour occuper une chambre
à l’aile palliative du CHSLD du village,
je t’ai salué. Tu t’es levé la tête mon vieux.
Et tu m’as soufflé un petit salut au bout des lèvres.
Je t’ai dit: « Ça va bien aller »
Et t’es parti en roulant sur la galerie…
C’est tout ce que je voulais mon vieux!
Que tu partes pas la tête en bas.
Mais la tête en haut!
Avec un ciel bleu au-dessus toi.

Ah oui! L’autre jour, tu m’as montré une photo de toi quand tu étais jeune.
C’était le temps ou les gens affichaient leur jeunesse sur Facebook!
Tiens mon vieux des 90 hivers!
Tu seras sur Facebook dans mes amis…pour toujours!

Passe une bonne nuit…
Et pars quand tu veux!
Ou reviens si tu peux.
Si je pleure. Ben oui

Je t’aime
Salut mon vieux!

(Mon vieux, est actuellement aux soins palliatifs)

DES NOUVELLES DE MON VIEUX
Je vous dirai pas tout… Mais pour une raison bien spéciale,
mon vieux s’est réveillé ce matin. Mieux qu’hier…
C’est l’effet de Pâques ou quoi ?
Cette nuit, y’a un ange qui l’a accompagné. Toute la nuit!
Elle avec! Elle lui a parlé dans la face.
Je vous dirai pas tout encore…
Mais je vais lui dire que vous pensez à lui.
Et qu’il y a plein de monde qui l’aime. Mon vieux!
Y vous a peut-être tous ressenti.
Même s’il ne veut pas d’acharnement pour rester en vie!
Ce matin le vieux, y’a mangé une banane. Y’a avalé du gruau et bu son café!
Ca doit l’effet de Pâques qui fait ça!
Christ!
Mon vieux est en train de ressusciter!
Vive les vieux de Pâques!

Son nom: Jacques Veillette, Saint-Stanislas.

actualité Humain

LES OUTARDES 2020

3 avril 2020

 

Les outardes 2020 sont de retour dans le ciel.
y’en reviennent pas de voir le silence d’en bas!
Y comprennent pas non plus que l’air d’en haut soit si pur.
Le monde a déjà changé.
Les outardes sont de retour dans le ciel.
L’autre jour au-dessus des parcs. Et des grandes rues.
Elles ne savaient plus ou donner
de la tête pour ne pas nous chier dessus.
Tellement y’avait de monde qui avait repris le goût de l’air!

Elles n’en revenaient pas les outardes.
De voir des gens qui se promenaient à deux bras des autres.
Comme des soldats qui respectaient les consignes.
Si elles s’en doutaient les outardes?

Peut-être!

Tu imagines. T’es une outarde dans la file.
Tu regardes en bas toi.
Et tu vois ceux-là qui se foutaient du confinement.
Et qui sortaient sans scrupule.
C’est assez pour qu’une outarde fasse un tête à cul dans le ciel!
Et que l’autre en avant fasse pareil.
Têtes à culs.
Un carambolage d’outardes en plein ciel.
De voir les têtes heureuses en bas!

« Allez les outardes!  Filez! Et déféquez en masse  sur eux-autres pour 
qu’ils rentrent à l’maison au plus  maudit, 
les derniers « petits pas fins »

La différence entre nous-autres et les outardes.
C’est que nous-autres, on marche pas toujours pour vivre la solidarité.
Ah ces jours-ci, nous sommes beaux à voir.
On sort. On marche un peu.
Pour pas virer fou tout seul. À deux.
À trois. Ou à quatre!
On marche pour oublier notre peur. Et dans le fond,
pour camoufler notre peur de l’attraper.
Pas pour mourir…
Parce que c’est juste les « vieux vieux » qui meurent!

La différence entre nous-autres et les outardes.
Les outardes elles! Elles supportent les plus âgées.
Quand elles volent ensemble! C’est pour vivre.
Et survivre! Les plus jeunes comme les plus vieilles.
Quand elles fendent le ciel,
C’est pour aller plus loin.
Elles se supportent les unes les autres.
Si nous nous étions inspirés plus vite de la leçon des outardes
dans cette pandémie.
Nous aurions compris qu’il valait mieux rester le plus possible à la maison
au lieu de faire des files inutiles sur les trottoirs et dans les magasins,
quand ce n’était pas nécessaire.
Si nous avions imité la sagesse des outardes,
nous aurions appris qu’il valait mieux,
rester dans le nord de notre maison quand on revenait du sud…
Et attendre que le sud se réchauffe pour sortir!

Imitons les outardes la prochaine fois
et ça bien aller!
À moins que la prochaine fois…
Il ne reste plus rien que des outardes.

actualité

Lettre au PM Francois Legault

1 avril 2020

Monsieur le premier ministre,

Pas besoin de vous rappeler aujourd’hui toute l’admiration
que le peuple québécois vous porte présentement.
Merci à vous.
À votre solide ministre de la santé et à l’extraordinaire docteur
Arruda qui nous rassure à chaque jour avec son indéfectible confiance d’y arriver.
Sans oublier sa fougue aimante pour aplatir cette damnée courbe en se lavant les mains et en suivant ses consignes à la lettre.
Nous sommes propriétaires d’une petite résidence pour personnes âgées.
Aujourd’hui en regardant votre point de presse,
nous apprenons que plus de 500 résidences pour ainés au Québec sont infectées de la Covid19. Le chiffre nous ébranle.
Nous connaissons tous maintenant la vitesse à laquelle ce virus fou voyage.
Parce qu’encore trop de gens ne prennent pas au sérieux le confinement.
L’arme humaine la plus solide que nous possédons présentement pour combattre l’ennemi invisible.
Nous étions heureux aujourd’hui d’apprendre que nous limiterons le nombre du personnel de la santé ou travailleurs
qui entrent avec tant de dévouement dans nos résidences. C’est un souhait que nous avions formulé à la ministre des ainés, il y a deux semaines. Merci. Ça et le port des masques quand obligatoirement pour des soins, le personnel doit s’approcher de la personne âgée.

Maintenant.
Devant l’ampleur de cette tragédie dans nos résidences, serait-il possible de penser à
étendre le test du CoronaVirus à tous les ainés du Québec qui demeurent présentement en résidence?
À eux qui peuvent en mourir. Et à tout le personnel qui gravitent autour de cette clientèle très vulnérable au virus.
Question de tracer une ligne claire actuellement et prendre ensuite, toutes les mesures qu’il faut pendant qu’il est encore temps.

Nous comprenons bien la complexité d’un tel processus.
Mais. Il est plus qu’urgent de trouver un moyen pour stopper l’hémorragie virale qui s’est déjà trop infiltrée
sournoisement dans des résidences pour aînés au Québec .

Merci encore pour tout.
Nous sommes chanceux que vous soyez là.
Et nous sommes AVEC VOUS et votre équipe monsieur le premier ministre.

Bien à vous,

Claire Bédard
Daniel Brouillette
Propriétaires Villa Saint-Narcisse
Résidence pour ainés autonomes et semi-autonomes.

actualité

DEUX LOUPS

28 mars 2020

ELLE, c’est la maman de Sylvie avec qui j’ai été l’école. J’ai du fun avec elle!
Dans l’autre appart, c’est la maman de la plus grande amie de Claire.
Une femme fière et gentille.
Là bas au bout, ce sont mes deux charmantes tantes.
Une chanteuse et une coquette.
La première s’est beaucoup occupée de moi après le décès de ma mère.
Le beau sourire, c’est la maman de Nicole qui était dans ma classe.
La plus courageuse de toutes ici.
Elle, c’est la voisine de Claire depuis qu’elle est toute petite.
La vieille centenaire.
Les amoureux, ce sont des gens qui nous connaissaient bien.
Le charmeur , c’est l’oncle d’un ami et d’une fille
avec qui j’ai fait mon secondaire.
Il voulait qu’on en prenne soin de son oncle,
comme nous avions pris soin de leur maman.
Y’a tué 27 orignaux dans sa vie « le mononcle »
Ah oui! Elle, c’est la montréalaise.
Son fils réside dans le paroisse et il voulait qu’elle soit près de lui.
Aujourd’hui , Claire c’est comme son ange!
Et la petite nouvelle qui est de l’autre côté de notre mur
qui sépare la résidence à notre maison,
c’est la bachelière qui nous a choisit!
Je l’appelle par son prénom la jeune !
Ca sonne comme de l’amitié pour elle.
La plus petite avec ses perruches,
c’est la maman d’un gars qui était dans la même année de Claire.
C’est l’éplucheuse en chef pour les patates!
La douce. C’est la maman d’un tel que je connais bien.
Du bon monde d’ici.
Et lui avec son chapeau, c’est le camionneur.
Son nom de camionneur c’était « carrosse ».
Le petit homme de 95, c’est le sucrier du jardin. Le liseur.
Il est parti de Montréal pour venir vivre avec nous-autres.
Pas loin, la délicate. C’est la tante de notre cuisinière.
Lui dans sa chaise. Un gars smart.
C’était le propriétaire du bar et du club quand j’étais jeune.
Puis avec son bolide sur la galerie,
c’est la courseuse quand elle était jeune.
Son gars nous connaissait bien aussi.
Et les deux dernières dans les chaises berçantes,
leurs familles voulaient que leurs mamans vivent chez-nous.
Voilà.
Nous formons une grande famille. Nous connaissons bien notre monde.
Tous les soirs quand la journée tombe,
Claire salue tous nos résidents. Un par un.
Pour les médicaments ou pour savoir si tout va bien..
Si je vous raconte tout ca ce soir, ce n’est pas pour vous émouvoir.
C’est pour vous dire que ces temps-ci,
nous sommes comme deux « body Gard »
qui veulent protéger comme deux loups, leur famille de vieux.
Nous sommes secondés d’une équipe de 4 employés.
Et des services infirmiers de notre milieu.
Nous sommes choyés .

Mais y’a des fois ou nous avons la chienne.
Oui la chienne!
Que cette maudite bibitte à ventouses nous attrape.
Et qu’elle rentre chez-nous la tueuse.
NOUS VOUS SUPPLIONS de respecter, sans bluffer,
les consignes de confinement pour ne pas
que le virus fatal atteigne les résidences de personnes âgées comme la nôtre.
La semaine sera dur. Ce sera la pire.
Il faudra être sur nos gardes.
Nous regardons les nouvelles comme vous. Eux-aussi.
On essaie de dormir. Du mieux qu’on peut.
On les rassurent. Je vous jure. Du mieux qu’on peut.
On se distance. Je vous jure. Du mieux qu’on peut.
On les aiment . Je vous jure. Du mieux qu’on peut.
On répète. On explique à nos Roses de mémoire…
Le pourquoi du comment. Du mieux qu’on peut.
Avec patience. Je vous jure. Avec des respirations aussi…

Dans notre maison pour vieux heureux,
nous dormons tous les soirs avec 20 fleurs fragiles
posées sur un arc en ciel.
Nous sommes tous responsables de « nos vieux ».
Des fois la peur nous égratigne le ventre.
Mais si vous nous aidez, en restant chez-vous,
on va la gagner la guerre.
Parce que c’est une guerre qu’on vit.
Et l’ennemi est sournois.
Il peut te sauter dans la face. Et tu le sais pas.

Ne vous inquiétez pas.
Ça va bien.
Aujourd’hui j’ai garoché des balles de neige
aux vieux sur de la musique de Plume!
Je m’en vais me coucher en pensant à ça.
Je vais m’endormir là-dessus…
En espérant que…
Ça va encore… bien aller demain

LES DEUX LOUPS

Humain

Le Dernier Je t’aime

28 mars 2020

Un jour, je vais raconter ça.
C’est l’histoire d’un gars qui n’avait jamais écrit un livre.
Il prévoyait la grande annonce de la sortie de son livre , le jour de sa fête.
Avec sa maison d’édition, LIBREX et son éditrice Nadine Lauzon
Tout était prévu pour que le roman du gars sorte en librairie
deux jours après la Pâques d’un printemps malade.
Pis.
Tout le monde est rentré dans leur maison pour se protéger.
Entre la fin d’un hiver de glace.
Et un printemps tant désiré sur le seuil de la porte.
Un virus sournois et meurtrier a complètement chaviré la vie du monde entier.
Dans ce printemps-là, ou pour s’aimer, il fallait s’éloigner des uns et des autres.
Ne pas se toucher.
Et rester dans les maisons pour ne pas propager
les gouttelettes du monstre qui pouvaient tuer des gens.
Sans pitié.
Et des gens vulnérables comme les « beaux vieux »
qu’ils gardaient , lui et sa femme,
dans leur maison sur la rue principale de leur village.

Quand il a écrit ça. C’était le jour de son anniversaire.
Le virus avec ses gouttelettes vicieuses tournaillait
toujours autour de tout le monde. Ca faisait peur.
Et y’a des grands qui écoutaient pas.
Il fallait se laver les mains 100 fois par jour.
Se distancer. Et crémer notre peau gercée.
La peur et la confiance avaient les couleurs de l’arc-en-ciel.
Et la solidarité faisait battre des cœurs malgré tout.
Oui. Quand il a écrit ça le jour de son 61e printemps,
il présentait pour la première fois
la page couverture de son roman de 275 pages.
Il a raconté que cette aventure littéraire avait été pour lui,
un de ses plus grands accomplissements personnel.
Enfin.
Un jour quand la vie reprendra. La Vie pas comme avant.
Dans un livre, si ça vous tente, vous lirez cette histoire d’un petit garçon de 9 ans
qui raconte avec la plume de l’auteur, les derniers mois de la vie de sa maman malade à 45 ans.
Un récit sensible. Tissé et romancé à partir des souvenirs de ce jeune garçon
et des confidences de sa famille et de gens de son village. Inspiré dans ce premier roman,
d’une des plus histoires histoire d’amour qu’il a connue, avec en filigrane
la dignité d’une fin de vie à une époque ou l’aide médicale à mourir n’existait pas.

Un jour quand la vie reprendra. La vie pas comme avant…
Il vous reparlera de son roman. Et de sa sortie.

Le Dernier Je t’aime

Humain

Rose Patience

22 mars 2020

Mère de toutes les vertus, la patience.
Le virus va mettre à l’épreuve notre patience.
Dans nos maisons avec les enfants, notre patience.
Avec les grands enfants aussi. Les adolescents.
La patience avec nos parents. Nos grands-parents…
Et nous-autres, les parents de nos enfants.
Avec soi-même la patience.
Et la patience d’endurer notre corps habitué à virer en fou.
Il faudra vivre dans la tolérance.
Le virus nous oblige à réapprendre à vivre avec soi.
Le confinement nous invite à l’introspection aussi.
À quelque chose qui ressemble au gros lâcher prise
de son nombril.
Le virus va nous apprendre à user de patience.
La patience avec Rose.
Rose et sa mémoire qui glisse lentement.
Mais elle ignore Rose,
que sa mémoire glisse dans ses pertes cognitives
Elle commence à répéter Rose.
À oublier la dernière conversation sur la pandémie.
Alors il faudra s’armer de patience pour nos Roses…
-Non! On ne peut sortir pour aller à la pharmacie Rose.
Il y a comme un mauvais virus qui peut s’attaquer à nous-autres.
Tu sais. On en parle beaucoup aux nouvelles. Tu regardais ça tantôt dans le journal.
C’est pour ça Rose que nous ne pouvons sortir de la maison.
-Ben voyons! Es-tu certain de ça?
Ca vient d’où ce virus-la?Je le sais pas Rose. De quelque part…
Mais on va prendre soin de toi Rose.
T’en fais pas ma belle Rose…
On va aller l’acheter ta crème pour qu’elles soient belles et douces tes mains!
-Ah ben, je savais pas ça. Sais tu si c’est tout le monde?
-Oui c’est tout le monde comme ça Rose.
-Mon gars es-tu au courant de ça tu penses?
-Ah oui! Il est bien au courant.
Tout le monde reste à la maison ces jours-ci.
-Mais voyons donc toi! Pourquoi? Mais…Ca va être pour longtemps tu penses? Et c’est quoi ce virus-là?
-Je sais pas. C’est comme une grosse grippe . Mais celle-là, elle est plus forte que la grippe ordinaire.
C’est pour ça qu’il faut faire attention Rose. Il faut se laver les mains souvent.
C’est le secret Rose pour ne pas se transmettre le virus.
Se laver les mains très souvent. Ah ben moi, je me lave les mains…J’ai du bon savon.
-Oui Rose, faut pas oublier de se laver les mains avec ton bon savon.
-Mais ça là,est-ce que ca va durer longtemps tu penses?
-Au moins deux ou trois semaines…ou peut-être plus. Je le sais pas trop encore. Mais inquiète toi pas Rose. On est là.
-Mais veux-tu ben me dire pourquoi, on ne peut pas aller à l ‘messe?
-Ben…parce qu’il y a un gros virus qui se promène et qui se propage. Et on ne veut pas que tu l’attrapes Rose…
Toi et les autres ici.
-Je savais pas ça. Depuis quand? Ah bon! Mon gars es-tu au courant de ça? Mais qu’il vienne ce soir,
je vais lui dire de faire attention…
-Même lui Rose, il ne peut pas venir ici. Il fait attention. On veut pas que le virus se propage partout et entre
dans notre maison et qu’il se faufile sur nous-autres. Tu comprends Rose!
-Ah ben, je savais pas ça. T’as bien fait de m’avertir. Mais c’est depuis quand ça?
Je vais aller appeler mon gars pour lui dire de faire attention.
-Oui Rose fais ça. On se revoit tantôt.
La monte de Marguerite ne fonctionne plus. Je vais aller changer sa pile…

Le virus va nous apprendre à tous, le ROSE PATIENCE.

actualité Humain

Le 8 mars, à l’heure reculée!

8 mars 2020

On avance l’heure aujourd’hui, mais j’aimerais bien qu’on avance plus vite aussi sur l’égalité hommes/femmes. Je trouve qu’on vit pas mal à l’heure reculée là-dessus. Hier. Un sondage de l’ONU, nous révélait que 90% de la population mondiale, tous sexes confondus, a des préjugés envers les femmes. Tab! Que des hommes et des femmes pensent encore que le genre masculin fait de meilleurs dirigeants politiques et d’entreprises. Et qu’aller à l’université est plus important pour eux. On vit sur le reculons!
On devrait arrêter d’avancer l’heure et se concentrer sur l’avancement des mentalités et de l’égalité des sexes. Y’a rien à célébrer le 8 mars! À part de déclarer une journée pour les femmes parce que nous sommes arriérée comme société.
À part que de reconnaître que toutes les religions du monde sont encore dirigées par des hommes pour contrôler les femmes.
À part la gêne humaine que les hommes (pénis) n’admettent pas réellement! C’est ça qui est ça ce matin! Nous sommes des reculés! Ah oui! Laissez moi tranquille avec nos petits pas. Les psycho éducatrices en garderie se battent encore ce matin pour avoir un salaire décent pour s’occuper des petits hommes et des petites femmes de la société de demain. Et dans nos hôpitaux, les filles, majoritairement préposées aux bénéficiaires , torchent à 20$ de l’heure! À bout de souffle! Mais qu’est-ce que tu veux? On pense encore que les hommes-dirigeants font des meilleures gestionnaires que des femmes! Ça fait que c’est eux qui décident de leur salaire!
Je me suis demandé si je publiais ce statut du 8 mars; en cette journée internationale des femmes?
C’est gênant. La planète vit toujours à l’heure des hommes. Le 8 mars à l’heure reculée!
Et dire que c’est elles qui accouchent de nous-autres!

Humain

La madame au « béra »

25 janvier 2020

« Jama la madame au béra »

J’écrivais ce que je publie là en attendant mon tour dans une salle d’attente chez l’ophtalmologiste. Elle m’a demandé comment je faisais pour écrire sur une si petite machine à écrire comme ça? Ouf! On partait de loin mais j’ai pris le temps de lui expliquer. Je lui ai dit que c’était un IPhone Etc…Etc… En fait, je prenais des notes sur la conversation qu’elle avait avec sa voisine qui attendait pour sa piqure dans l’œil.
Elle parlait des résidences pour personnes âgées.
La madame au béret a donné toute une volée aux maisons de vieux! ;
-Les vieux meurent gelés là-dedans. Ça sent rien que la pisse!
Aller là? Jama! Pas jamais. Elle disait « JAMA la madame au béra. »
C’est toute du monde qui répète! Moi ça me tente pas d’entendre des répéteux.
Ha ha ha…
En tout cas. Mes enfants sont ben mieux de ne pas se mêler de ça.
Y’a une fois. J’ai oublié le four. Ça peut arriver d’oublier un pâté dans le four.
Y’a brûlée, pis bon! C’est pas une raison pour partir de che-nous. Hein madame?
Ha ha ha!
Ma fille était inquiète. À m’a demandée si j’aimerais pas ça vivre dans une résidence pour vieux? J’y ai dit: Jama! Pas jamais. Jama.
Ha ha ha!
J’ai dit: Je t’ai élevée toé. Tu dois être ben capable de t’occuper de ta mère.
J’ai juste 89 ans.
Ha ha ha!
Elle poursuit la madame au béret:
-Vous savez quoi. Je vis dans une coopérative.
Elle se penche pour dire ça dans l’oreille de sa voisine qui attendait
son injection pour sa dégénérescence maculaire. Mais tout le monde l’entend.
-Ça me coute juste 367 par mois. C’est pas cher vous savez?
Je me suis arrangée pour sortir tout mon argent quand c’était le temps.
Ça fait que…mes revenus sont ben bas. Fa que…je paye pas cher.
C’est le truc. Ha ha ha!
Mes enfants sont ben contents.
Ha ha ha!
On a assez travaillés dans notre vie? Hein?
Ha ha ha
Quand ben même qu’on en profiterait un peu.
Ha ha ha! Et elle replace son béret
qui coiffe sa tête pleine de jugements!

Pas de place pour madame béret dans ma résidence!
« Jama la madame au béra! »
J’avais hâte qu’on m’appelle pour avoir mon injection dans l’œil!

Humain Humain

Le Dernier Je t’aime pour 2020

2 janvier 2020

Ce que je me souviendrai de la prochaine année 2020,
c’est que dans son printemps ,
la maison d’édition Libre Expression va présenter mon premier roman.
Grâce à la précieuse collaboration de mon éditrice Nadine Lauzon et
toute l’équipe de Johanne Guay chez Librex, « Le Dernier Je t’aime « paraitra en 2020.
Ce sera. Et je le pense bien, un des mes plus grands accomplissements!
Je vous remercie de m’avoir dit que c’était possible.
Vous êtes beaucoup à avoir soufflé dans mes ailes! Comme le vent de l’âme de Christiane Asselin ma correctrice et celui qui venait du coeur,
de la très littéraire Patricia Powers
L’histoire.
Le calvaire de la souffrance d’une maman de 44 ans,
entre dans la maison sur le haut d’une côte et n’en sortira jamais.
C’est la survie des 18 derniers mois de Rita que je vais raconter à travers les yeux d’un enfant de 9 ans. Je le fais à travers ses yeux à lui.
Et dans sa tête, à elle, où je me suis faufilé. En silence.
Je vous le dis. Des fois ça brasse. Des fois ça chante.
Des fois ça fait trop mal.
Mais je crois que c’est tragiquement beau et humain aussi!
En attendant de se rencontrer dans mon livre…
Je vous souhaite en 2020, de regarder chaque jour comme une page blanche
sur laquelle vous pouvez écrire quelque chose de bon et de positif.
D’essayer même si parfois c’est difficile.
Je nous souhaite.
D’apprendre à faire rire notre âme.
D’apprendre à nos yeux à voir l’âme du monde.
Le monde en a besoin pour s’ouvrir aux autres.
Pour 2020, je vous souhaite la santé dans chacune des pages de votre année.
La santé! C’est l’affaire la plus importante et la santé c’est DU BONHEUR.
Justement! Je vous souhaite d’arrêter de chercher le bonheur.
C’est fatigant et ça mène nul part!
Enfin…En 2020.
Je vous souhaite de dire « je t’aime « plus souvent;
à vos parents, vos amis, vos amours. À quelqu’un qui en a besoin aussi.
On ne sait jamais quand on le dit pour la dernière fois…
Le Dernier Je t’aime!

Bonne année!

Photo Laurence Labat


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